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Les croyances qui nous bloquent dans notre vie professionnelle

  • il y a 1 jour
  • 6 min de lecture

Les croyances qui nous bloquent dans notre vie professionnelle

Vous avez peut-être déjà eu cette pensée : "Je ne peux pas continuer comme ça."

Puis, presque immédiatement, une autre voix intérieure est venue répondre : "Oui, mais je n'ai pas vraiment le choix."

C'est souvent ainsi que commencent les périodes de questionnement professionnel.

Un malaise s'installe. La motivation s'effrite. Le travail occupe toujours autant de place mais n'apporte plus la même satisfaction. Les journées semblent plus longues, les lundis plus difficiles, les vacances jamais assez reposantes.

Pourtant, malgré ce constat, beaucoup de personnes restent immobiles, non pas parce qu'elles manquent de courage ou de ressources, mais parce qu'elles sont freinées par des croyances profondément ancrées qui limitent leur capacité à envisager d'autres possibilités.

Chez Galliléo-Coaching, nous rencontrons régulièrement des salariés, des managers et des dirigeants qui ont le sentiment d'être bloqués dans leur situation professionnelle. Lorsqu'ils commencent à explorer ce qui les retient, ils découvrent souvent que les principaux obstacles ne sont pas extérieurs.

Ils sont dans leur manière de penser la situation.


Quand nos croyances deviennent nos prisons invisibles

Une croyance est une idée que nous considérons comme vraie.

Elle s'est construite au fil de notre histoire personnelle, de notre éducation, de nos expériences professionnelles et des messages reçus de notre entourage.

Certaines croyances sont aidantes :

"Je suis capable d'apprendre."

"Je trouverai une solution."

D'autres, en revanche, nous enferment :

"Je suis trop vieux pour changer."

"Je n'ai pas le choix."

"Je dois tenir coûte que coûte."

Le problème est que nous ne les percevons pas comme des croyances mais comme la réalité, nous en faisons des certitudes .

En psychologie cognitive, ces mécanismes sont appelés schémas de pensée. Ils agissent comme des filtres à travers lesquels nous interprétons le monde. Plus ils sont anciens et répétés, plus ils deviennent automatiques.

Or, notre cerveau adore ces automatismes : ils lui permettent d'économiser de l'énergie.

Mais ils ont aussi un inconvénient : ils nous empêchent parfois de voir les alternatives qui existent réellement.


Croyance N°1 : « Je n'ai pas le choix »

C'est probablement la croyance la plus fréquente chez les personnes qui vivent un mal-être au travail.

Bien sûr, chacun a des contraintes réelles : un crédit immobilier. des enfants à charge, des engagements financiers, une situation familiale particulière, …

Ces contraintes existent mais elles ne signifient pas forcément que tout changement est impossible.

Pourtant, beaucoup de personnes passent inconsciemment de "J'ai des contraintes" à "Je n'ai aucun choix."

La nuance est immense.

Dans le premier cas, il existe encore une marge de manœuvre. Dans le second, toute possibilité disparaît.

Sophie, responsable administrative depuis quinze ans, expliquait lors d'un accompagnement :

"Je déteste mon travail mais je suis obligée de rester."

En explorant sa situation, elle a réalisé qu'elle ne s'était jamais réellement renseignée sur les possibilités d'évolution, de formation ou de mobilité qui s'offraient à elle.

Ce n'était pas l'absence de solutions qui la bloquait, c'était la conviction qu'il n'y en avait aucune.

Pourquoi notre cerveau préfère le statu quo

Les neurosciences apportent un éclairage intéressant sur ce phénomène.

Le cerveau humain n'aime pas l'incertitude. Son objectif premier n'est pas notre épanouissement, c’est notre survie.

Face à une situation connue, même inconfortable, il dispose déjà de repères alors que face à une situation nouvelle, il perçoit un risque.

C'est pourquoi rester dans un emploi qui ne nous convient plus peut parfois sembler moins effrayant que d'envisager un changement, même lorsque ce changement pourrait être bénéfique.

Le cerveau préfère souvent une souffrance connue à une incertitude inconnue.

Comprendre ce mécanisme permet déjà de prendre du recul.

Ce n'est pas parce qu'une situation vous semble impossible à changer qu'elle l'est réellement.

C'est parfois simplement votre cerveau qui cherche à vous protéger.


Croyance N°2 : « Je devrais être heureux(se), alors pourquoi ça ne va pas ? »

Cette croyance est particulièrement insidieuse parce qu'elle pousse à nier sa propre souffrance . Vous avez un emploi, un salaire correct, peut-être même des collègues agréables. Et vous vous dites :"Je n'ai pas le droit de me plaindre.", "D'autres vivent bien pire ».

Peu à peu, vous cessez d'écouter les signaux d'alerte.

Pourtant, la souffrance psychologique ne fonctionne pas par comparaison.

Le fait qu'une autre personne vive une situation plus difficile n'annule pas votre propre ressenti.

Le malaise professionnel apparaît souvent lorsque certains besoins fondamentaux ne sont plus nourris : le besoin de sens, le besoin de reconnaissance, le besoin d'autonomie, le besoin d'apprendre et de progresser ou encore le besoin d'équilibre.

Lorsque ces besoins restent ignorés pendant des mois ou des années, le corps et l'esprit finissent par envoyer des messages : fatigue persistante, perte d'énergie, irritabilité, démotivation, troubles du sommeil, ...

Les ignorer ne les fait pas disparaître.


Croyance N° 3 : « Changer maintenant reviendrait à gâcher tout ce que j'ai construit »

Cette croyance touche particulièrement les personnes investies dans leur parcours professionnel.

Après dix, quinze ou vingt ans dans le même secteur, l'idée d'évoluer peut donner l'impression de trahir son parcours, comme si toutes ces années avaient été perdues.

Ce raisonnement est lié à ce que les psychologues appellent le biais des coûts irrécupérables.

Plus nous avons investi dans une direction, plus il devient difficile d'en changer même lorsque cette direction ne nous convient plus.

Pourtant, rien de ce que vous avez construit n'est perdu : les compétences acquises, les expériences vécues, les connaissances développées, les qualités relationnelles cultivées.

Tout cela vous accompagne. Une évolution professionnelle n'efface pas votre passé, elle s'appuie sur lui.

Et les trajectoires professionnelles sont rarement linéaires et c'est souvent une richesse.


Croyance N° 4 : « Je suis trop vieux pour changer »

Cette phrase revient régulièrement à partir de quarante ans, parfois même avant.

Comme si une date limite invisible s'était imposée.

Pourtant, les recherches sur la plasticité cérébrale ont profondément modifié notre compréhension du cerveau. Longtemps, on a cru que nos capacités d'apprentissage diminuaient fortement avec l'âge. Nous savons aujourd'hui que le cerveau conserve toute sa vie sa capacité à créer de nouvelles connexions neuronales.

Bien sûr, apprendre à cinquante ans n'est pas identique à apprendre à vingt ans mais cela reste possible.

Ce qui freine davantage les changements n'est souvent pas l'âge lui-même, c'est la peur de sortir d'un cadre devenu familier ou la croyance que les autres nous jugeront.

La véritable question n'est donc pas "Suis-je trop vieux pour changer ?" mais plutôt "Qu'est-ce qui me fait croire que c’est mon âge qui m’empêche de changer ?"


Croyance N°5 : « Je dois être sûr avant d'agir »

Nous vivons dans une société qui valorise les bonnes décisions et ne donne pas droit à l’erreur.

Alors nous cherchons la certitude : nous analysons, nous réfléchissons, nous comparons, nous attendons le bon moment.

Le problème est que ce moment parfait n'existe pas.

Les personnes qui parviennent à reprendre la main sur leur avenir professionnel ne disposent pas de plus de garanties que les autres. Elles acceptent simplement d'avancer sans tout maîtriser. Et acceptent le risque de se tromper. Elles rencontrent des professionnels, se renseignent, expérimentent, testent et construisent progressivement leur projet.

L'action crée souvent la clarté bien plus que la réflexion seule.


Croyance N°6 : « Si je ralentis, tout va s'écrouler »

Cette croyance est fréquente chez les personnes très engagées.

Elles ont appris à être performantes, disponibles., fiables.

À force d'endosser ce rôle, leur valeur personnelle finit parfois par se confondre avec leur capacité à produire.

Alors ralentir devient culpabilisant. Dire non devient difficile. Prendre du temps pour soi paraît égoïste.

Pourtant, les recherches sur la performance montrent un paradoxe intéressant : les personnes qui durent dans le temps ne sont pas celles qui donnent tout en permanence, ce sont celles qui savent alterner engagement et récupération.

Le repos n'est pas l'opposé de la performance, il en est l'une des conditions.

L'impuissance apprise : quand on finit par ne plus essayer

Le psychologue Martin Seligman a mis en évidence un phénomène appelé "impuissance apprise".

Lorsqu'une personne est confrontée de manière répétée à des situations dans lesquelles elle pense ne pas avoir de contrôle, elle finit par renoncer à agir même lorsque des solutions existent.

Dans le monde professionnel, ce mécanisme est fréquent : après plusieurs refus, des tentatives infructueuses ou des années à s'adapter, certaines personnes cessent progressivement de croire qu'elles peuvent influencer leur situation. Elles ne cherchent plus, n'osent plus, s'habituent jusqu'à considérer leur mal-être comme normal.

C'est souvent à ce moment-là qu'un regard extérieur devient précieux parce qu'il permet de voir ce que l'on ne voit plus soi-même.


Reprendre le contrôle commence par une question

Les croyances limitantes sont puissantes parce qu'elles sont discrètes. Elles s'installent progressivement, se répètent et finissent par ressembler à des vérités.

Pour commencer à reprendre le contrôle de votre vie professionnelle, il peut être utile de vous poser une question simple :

"Ce que je pense aujourd'hui est-il un fait ou une interprétation ?"

Cette question paraît anodine, pourtant, elle ouvre souvent une porte vers davantage de liberté,  de recul, de possibilités.

Car reprendre le contrôle de sa vie pro ne signifie pas nécessairement changer de métier, quitter son entreprise ou tout bouleverser. Cela commence souvent par quelque chose de plus fondamental : retrouver la capacité de choisir, là où l'on pensait ne plus en avoir.

Et parfois, ce simple changement de regard est déjà le début d'une transformation profonde.

 

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